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En septembre 2025, nous vous faisions découvrir l’aventure d’Emeline au sein du Homo Faber Fellowship, le programme porté par la Michelangelo Foundation. Un an plus tard, retour sur sept mois d’immersion intense, entre entrepreneuriat et création.

Un programme bien plus qu’entrepreneurial

Le Homo Faber Fellowship se déroule en deux temps : six mois d’immersion dans l’atelier d’un maître artisan en Europe, puis un mois de master class dédiée à la créativité et à l’entrepreneuriat, certifiée par l’ESSEC Business School.

Un apprentissage de soi et du monde professionnel

Pour Emeline, c’est en Irlande, aux côtés de Suzanne O’Sullivan, artiste verrière installée à Fermoy dans le comté de Cork, que le projet de création a pris forme à l’issue de la master class. Ensemble, elles ont dessiné, peaufiné et façonné le verre : un vrai duo s’est formé, qui a permis à Emeline de développer sa capacité à co-créer et à collaborer. Un aspect central du programme, qui exige, au-delà des compétences techniques, une véritable aptitude à travailler à deux dans un projet contraint par des impératifs professionnels.

 

Crédit photo © Homo Faber Fellowship – Michelangelo Foundation

 

Elle revient sur cette expérience :

« Ce que m’a vraiment apporté le Homo Faber Fellowship, c’est la réalité du terrain et mon positionnement dans cet univers professionnel, ainsi que la manière dont j’ai pu appréhender les modalités et les contraintes du projet.

 

Dans le cadre du programme, un duo se forme, et la première chose à développer, c’est sa capacité à travailler ensemble. Mon statut n’était plus celui d’une étudiante mais d’une co-créatrice, donc plus légitime : il a fallu que je sache à la fois m’imposer et rester à l’écoute, dans l’échange avec Suzanne. Très vite, il a fallu fournir le cahier des charges de la pièce qui serait exposée à la Milan Design Week.

 

 

Premiers coups de stress, d’autant que l’atelier de Suzanne n’est pas toujours adapté à certaines pratiques : il a fallu penser autrement et concilier au mieux nos outils techniques avec la pièce à réaliser.

Cette première étape, comme la suite du programme, m’a permis de mesurer ces différentes contraintes et d’apprendre aussi sur moi-même.

À la fin du programme, en avril, j’étais ravie : la pièce créée correspondait totalement à nos attentes et a séduit les professionnels de la Design Week. Mais en même temps, j’étais « vidée ». C’était tellement intense ! »

Une visibilité sans commune mesure

Une fois la pièce pensée et dessinée, Emeline et Suzanne sont passées à la phase de création. Accompagnées de Giampiero Bodino, directeur artistique, avec pour consigne d’explorer la beauté intrinsèque de l’artisanat et le jeu de la lumière à travers les matériaux, elles ont disposé d’un peu plus de trois mois pour réaliser leur projet.

Le résultat : une interprétation contemporaine de l’essence des ruines médiévales des châteaux irlandais, où verre, lumière et texture dialoguent pour symboliser à la fois la fragilité et la permanence — un dialogue entre architecture et nature, histoire et renouveau.

Une pièce exposée à la Milan Design Week

Du 21 au 26 avril, Suzanne et Emeline ont présenté leur création lors de la Milan Design Week, le plus grand événement de design au monde — une opportunité exceptionnelle pour Emeline d’évoquer son travail, son univers, et de rencontrer les professionnels du secteur (designers, créateurs, acheteurs…).

« Milan, c’était la consécration : la présentation de notre projet. J’ai pu échanger avec des designers et des magazines de design, et c’était très satisfaisant d’évoquer notre co-création. » Bien sûr, l’objectif est aussi de séduire des acheteurs — ce qui n’est pas encore le cas — mais être reconnue sur un salon d’une telle envergure me laisse « une carte de visite extrêmement prestigieuse ».

Crédit photo © Homo Faber Fellowship – Michelangelo Foundation

Une carte de visite pour de futures résidences d’artiste

Emeline ne sait pas encore précisément comment dessiner son avenir. Elle souhaite d’abord reprendre la route et profiter de ce périple pour affiner ce qu’elle veut vraiment faire par la suite. Elle évoque des résidences d’artiste, mais aussi la volonté de structurer au mieux son projet entrepreneurial — et, dans cette perspective, de reprendre un cursus autour des métiers du verre, voire de re-collaborer avec Suzanne.

Avant de reprendre la route, un nouveau rendez-vous l’attend autour du Homo Faber Fellowship : à Venise, du 17 au 19 septembre, Emeline et Suzanne seront à nouveau réunies, aux côtés de quatre autres duos, pour présenter leur enthousiasme pour l’artisanat aux visiteurs de la quatrième édition de la Biennale Homo Faber — une nouvelle occasion pour Emeline de rencontrer designers, artisans et étudiants créatifs venus du monde entier, et de nouer de nouveaux liens.

Une nouvelle page s’ouvre pour Emeline. Tout reste encore à écrire, mais ces expériences cumulées lui offrent un bagage solide pour trouver son chemin et construire, sereinement, son avenir.

Et pour tous ceux qui souhaitent voir le travail qu’elle a mené, la pièce créée est exposée en Irlande jusqu’au 24 octobre à Kilkenny avec d’autres artiste verriers : https://www.dcci.ie/events/of-sand-ash/